Anarchistes Ivry

Groupe libertaire d’Ivry-sur-Seine

Que fait la police ? Elle tabasse !

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À Paris-Barbès, en Seine-Saint-Denis, à Calais, récits de la violence policière.

Les flics tabassent un migrant et l’expédient au centre de rétention

Dimanche 7 mars 2015, lors d’une énième opération de contrôle, les flics du quartier ont arrêté A. après l’avoir tabassé. Enfermé au centre de rétention de Vincennes, il raconte comment s’est déroulée son arrestation et la garde à vue.

À Barbès, la pression des flics est toujours quotidienne. La mairie et les investisseurs locaux voudraient que ce quartier devienne le nouveau lieu branché de Paris. La réouverture du cinéma Le Louxor et la nouvelle brasserie qui va bientôt ouvrir ses portes en sont de bons exemples.

Les chantiers de construction de nouveaux logements en accession à la propriété se multiplient pour accueillir de nouveaux habitants plus riches et plus bobos.

La police quadrille les rues pour tenter de virer celles et ceux qui ne correspondent pas aux projets de ceux qui nous gouvernent : pauvres, biffins, sans-papiers, etc.

La violence de la police est quotidienne lors des contrôles, qui mènent bien souvent, sous n’importe quel prétexte, à une garde à vue et, pour ceux et celles qui n’ont pas les bons papiers, au centre de rétention.

Dimanche 7 mars 2015, lors d’une énième opération de contrôle, les flics du quartier ont arrêté A. après l’avoir tabassé. Il est aujourd’hui enfermé au centre de rétention de Vincennes et raconte comment s’est déroulée son arrestation et la garde à vue.

J’étais à Barbès vers 18 heures, j’étais au snack. Après manger, je suis sorti et j’ai vu trois policiers qui arrêtaient quelqu’un : ils l’ont rentré dans un hall d’immeuble, ils lui ont mis une claque, ils l’ont frappé avec l’électricité [taser] et l’ont gazé. Je me suis arrêté pour aider le gars. Les flics m’ont rentré dans l’immeuble, ils m’ont mis une claque et m’ont frappé avec une matraque. Ils m’ont donné plusieurs coups sur la tête. Je perdais beaucoup de sang. Après, on est sorti de l’immeuble et j’ai crié que je devais aller voir le médecin, qu’ils m’avaient frappé, que j’avais mal. Il y a un commerçant qui vend des portables qui est sorti et qui a filmé. Les gens dans la rue étaient choqués, ils ont crié.

Les flics m’ont ramené à pied au commissariat de la Goutte d’Or parce qu’ils disaient que j’allais salir la voiture.

Au commissariat, ils m’ont encore frappé, mis des coups de pieds. J’étais allongé par terre et un policier mettait son pied sur ma tête. Tous les policiers rigolaient sur moi. Ils disaient que j’allais avoir des cicatrices toute ma vie, ils criaient Mort. Ça a duré trente minutes.

Il y a un gradé qui est arrivé, j’ai demandé à aller à l’hôpital. Les pompiers sont arrivés, ils étaient choqués de voir ça. Un pompier m’a dit qu’ils allaient m’amener à l’hôpital. Je suis resté avec eux dix minutes au commissariat et ils m’ont mis dans le camion. J’avais perdu beaucoup de sang. Les policiers sont venus avec nous, on était dans le camion mais on a mis du temps à partir.

À l’hôpital, j’étais mal, j’ai été soigné. J’ai attendu le médecin, il était choqué. Il m’a mis des agrafes, huit sur le crâne et sept sur la tempe. Ils m’ont donné un certificat et une ordonnance mais les policiers les ont pris.

Après, je suis retourné direct en garde à vue. J’avais perdu beaucoup de sang, j’avais très mal. Il était 20h30. J’ai demandé des médicaments mais ils m’ont dit Attends. J’ai demandé un avocat, un interprète, un médecin ; mais rien. Jusqu’à deux heures du matin, j’ai attendu pour avoir des médicaments. Là ils m’ont amené à l’Hôtel-Dieu, on m’a donné quatre Dafalgan.

Là-bas, une infirmière était choquée que je sois en garde à vue dans cet état. Après, ils m’ont ramené en garde à vue.

Le lendemain, un policier m’a auditionné. Les policiers ont marqué dans le P.V. que j’avais frappé les policiers dans le gilet pare-balles. Mais moi je n’ai pas frappé. Moi j’ai reçu des coups de matraque et ils ont dit que j’étais tombé tout seul pour les cicatrices. Mais comment on tombe deux fois sur la tête ? Ils ont fait que mal me parler. J’ai signé aucun de leurs papiers.

Après, je suis retourné dans la cellule. La garde à vue devait finir à 18h30. J’ai tapé dans la porte de la cellule pour dire que ma garde à vue, elle était finie. Ils ont voulu que je signe une feuille qui disait que j’avais fini la garde à vue, mais j’étais pas sorti encore, alors j’ai pas signé. Ils m’ont dit qu’ils attendaient le procureur. Je suis resté plusieurs heures comme ça, mais ils m’ont pas dit qu’ils avaient renouvelé la garde à vue, personne ne m’a rien dit ou n’a ramené de feuille, jusqu’au lendemain à 11 heures.

Là, un policier m’a dit : Tu vas aller à Vincennes. J’étais content, car je sortais du commissariat, j’en pouvais plus de rester dans le commissariat.

J’avais rien signé dans le commissariat. Là, le policier a ramené les feuilles pour Vincennes, alors j’ai signé car c’était un cauchemar le commissariat. Ils m’ont mis dans le camion de la police pour m’emmener à Vincennes.

Le policier qui m’a frappé, il a frappé un mineur avant qui habite à l’hôtel.

Mes affaires sont toujours pleines de sang. C’était comme un robinet comment je perdais du sang. Toutes mes affaires sont salies avec du sang, les baskets, mon T-shirt, mon pantalon. Je vais passer devant le juge comme ça.

Là, j’ai mangé un peu, j’ai récupéré un peu, mais j’ai toujours des douleurs dans le crâne.

J’ai même pas eu un scanner, des fois j’oublie des choses car j’ai pris des cops de matraque sur la tête et j’ai mal. J’ai eu que du Doliprane. J’ai perdu plein de sang et de kilos pendant la garde à vue.

J’ai un film dans ma tête, tout repasse dans ma tête, j’arrive pas à dormir. Les policiers m’ont fait beaucoup de mal.

Sans papiers ni frontières

Calais : les violences policières s’aggravent

6 mars 2015. Il y a deux nuits, six fourgons de C.R.S. entourent le squat des Égyptiens, où habitent une cinquante de personnes dont une quinzaine de mineurs.

La même nuit, trois fourgons de C.R.S. dans l’impasse des Salines, qui conduit au squat Galou. Des exilés doivent rester une heure et demie alignés contre le mur, sous prétexte de contrôle d’identité

Les contrôles au faciès se multiplient dans les trains en gare, conduisant ou non à des arrestations. S’accompagnant ou non de fouilles, ou de situations surprenantes, comme obliger une personne à enlever ses chaussures et ses chaussettes dans le hall de la gare. Les policiers sont agressifs avec les personnes qui leur demandent pourquoi ils contrôlent certaines catégories de personnes et pas d’autres, ou qui prennent des photos.

Quant à la situation aux approches du port, déjà particulièrement violente, elle empire de manière alarmante, comme le montre ce témoignage d’une bénévole, datant d’hier :

La police à nouveau enragée ? Visite ce matin au Bois Dubrulle vers 11 heures… Des réfugiés sont de retour de l’autoroute où il y a un ralentissement, donc beaucoup de tentatives des réfugiés pour monter dans les camions. La police frappe à tour de bras, même sur les adolescents de douze, treize ans… Plaies et bosses, peut-être un bras cassé… Médecins du Monde, que j’ai tout de suite appelé, devait venir prendre en charge les blessés. Un jeune de treize ans a été frappé par des policiers alors qu’il était maintenu en suspension par d’autres par les bras et les pieds… Allons-nous encore supporter ça longtemps ? Il semblerait que les forces de police aient été relevées récemment et que la baston dure depuis deux jours… ASSEZ !

Passeurs d’hospitalité

11 mars 2015. Les autorités ont maintenant recours à la pression, au harcèlement et à la violence pour faire partir les gens, sans doute encore trop nombreux pour procéder de manière confortable à l’évacuation des squats et campements promise pour fin mars début avril.

Contrôles sur le chemin menant aux distributions de repas au camp Jules Ferry, accompagnés ou non d’arrestations et de violences (constatés et témoignages d’exilés), gazages autour du campement du chemin des Viviers, derrière LeaderPrice (constatés par des bénévoles et témoignages d’exilés), contrôles accompagnés ou non de violences autour du squat Galou (constatés par des bénévoles et témoignages d’exilés), descentes de police et violences au squat des Égyptiens (constatées par des bénévoles et témoignages d’exilés) : nous constatons ces derniers jours que le harcèlement et la violence se resserrent autour des lieux de vie des exilés.

C’est également le cas au centre-ville, à la gare ou au centre commercial des 4B, ou au fil des rues, de manière à dissuader les exilés de venir en ville.

Parmi les victimes de ce harcèlement, les demandeurs d’asile qui sont dissuadés de se rendre aux bureaux des associations qui les accompagnent. Des mineurs que l’Aide sociale à l’enfance refuse de prendre en charge. Et de manière générale les exilés qui se sentent coupés de la ville.

En attendant la violence des expulsions et ce qui suivra, une chasse à l’homme visant à éloigner les exilés du regard du public, les autorités déploient la seule chose qu’elles savent faire face à un problème qu’elles ont elles-mêmes créé : la violence, encore.

Repris de http://sanspapiersnifrontieres.noblogs.org

Paris-luttes.info

Récit d'une victime de violences policières en Seine-Saint-Denis

Jeudi 22 janvier 2015, vers une heure du matin, Anis et trois autres personnes sont interpellées et placées en garde à vue dans un commissariat de la Seine-Saint-Denis.

Anis nous raconte le cauchemar qu’il a vécu cette nuit-là.

Les violences commencent dès la fouille à son arrivée au commissariat. Une dizaine de policiers sont présents et les insultes fusent : Toi t’es arabe, t’es de la merde, ta mère, fils de pute ! Selon son témoignage, alors qu’il demande aux policiers d’arrêter de l’insulter et de le malmener, les coups commencent à pleuvoir : un policier lui donne deux coups de poing tandis qu’un autre le fait tomber à terre. Les sept policiers présents dans la pièce lui donnent alors plusieurs coups dans les jambes et sur la tête. Anis appelle à l’aide par la porte entrouverte, mais l’un des policiers la ferme brusquement. Il est menotté dans le dos lorsqu’il est aspergé d’un spray désinfectant. Il en gardera de grosses plaques d’irritation dans le cou et sur le visage. Plaqué contre un mur, il reçoit quatre ou cinq derniers coups de poing.

Une fois enfermé en cellule, il ne dort pas de la nuit tant les douleurs sont vives. En 48 heures de garde à vue, Anis fera trois passages par l’hôpital. Il a le visage gonflé, tuméfié. Un médecin le reçoit, lui donne un traitement et lui fait un grand bandage autour de la tête, puis il rédige un certificat : Lésions traumatiques récentes visibles : oui. Un procès verbal est rédigé au commissariat : Le certificat médical établi par l’unité médico-judiciaire de l’hôpital Jean-Verdier de Bondy, concluant que les blessures de Monsieur [X] se disant [X] entraînent une incapacité totale de travail de dix jours.

Le 23 janvier 2015, à 14 heures, Anis arrive au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot. Dès son arrivée, une photo de son visage tuméfié est prise. Les trois autres personnes interpellées sont également enfermées au C.R.A. du Mesnil-Amelot. Hagard et désorienté, Anis vient nous voir pour nous raconter son histoire et les violences qu’il a subi. Nous recevons les trois autres personnes, l’un d’entre eux est en état de choc après avoir vu et entendu les violences exercées sur Anis.

La Cimade

Mots clés : répression